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Le blog de la Fondation David Parou Saint-Jacques

Commenter l'actualité des chemins de Compostelle et informer les pèlerins. Sortir des clichés et quitter les sentiers battus pour donner une nouvelle vision de Compostelle. Montrer les origines du pèlerinage contemporain.

Une fausse image du Moyen Age

Publié le 21 Janvier 2008 par Louis Mollaret in La "compostellite"

Réaction à la lecture du site : http://www.cyberpresse.ca/article/20080112/CPARTS/801120922/5085/CPARTS04

Extrait de l'article de Jean Beaunoyer :

«C'est une époque où la raison ne donne pas toutes les réponses, explique Soldevila. C'est l'époque des superstitions, de la naïveté, du merveilleux mais aussi de la cruauté. Les gens partaient sur le chemin de Compostelle et ne revenaient pas. Il y a eu des brigands, des gens assassinés et d'autres qui traînaient leurs fautes dans leur baluchon sur ce chemin fréquenté depuis plusieurs siècles. Auparavant, on y allait pour atteindre un but, pour exaucer un voeu : aujourd'hui, le chemin est plus important que l'exploit à réaliser.»

Un exploit qui valait à ceux qui avaient réussi à suivre la longue route de Compostelle en franchissant tous les obstacles et en triomphant de tous les brigands, la fameuse coquille Saint-Jacques qu'ils cousaient à leur chemise. On rapporte également que c'est sur le chemin de Compostelle qu'est né le concept du tourisme moderne, puisqu'il fallait construire des hôtels et des lieux de restauration pour les marcheurs.

Ma réponse :


Monsieur,
Les gens du Moyen Age (quand entre le Ve et le XVe siècle ??) ont vécu, dites-vous, une époque de « superstitions, naïveté, merveilleux et cruauté ». En matière de naïveté vous n’avez rien à leur envier ! Vous gobez tous les poncifs !!! Le « ON » qui vous rapporte que le tourisme moderne est né sur le chemin de Compostelle est un fameux affabulateur. Comment pouvez-vous croire une ânerie pareille ? Tout ce qu’on vous raconte est faux et archifaux. Les gens du Moyen Age n’étaient pas plus cruels, naïfs, brigands que nous. Pas plus que nous ils ne traînaient leurs « fautes dans leur baluchon ». Auparavant, dites-vous, on y allait « pour atteindre un but », ce qui ne semble plus le cas aujourd’hui, selon vous. Alors, on part à Compostelle pour baguenauder sur le chemin (on y drague beaucoup, savez-vous !). Et atteindre le but est un exploit ? Laissez-nous rire. L’autre qui a « vécu cette expérience fascinante sur plusieurs années » a fait quoi ? L’Everest en 10 ans ? Laissez-moi rire. Il s’est promené de gîte en gîte, aux frais de la princesse et des malheureux « naïfs » bénévoles qui se dévouent pour aider ces bons bourgeois timorés en quête du grand frisson à bon marché, en carton-pâte. Pour la médiéviste que je suis, le Moyen Age n’est ni + magique, ni + fantasmagorique, ni + dramatique, ni + festif que notre période moderne. L’étude de ces 10 siècles d’histoire nous montre au contraire des gens étonnamment proches de nous, et c’est ça qui est passionnant. Une histoire tissée de légendes, des légendes nées de l’histoire. Comme aujourd'hui. 
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Hughes 17/03/2008 15:29

Bonjour Louis, bonjour Pierre, ainsi qu'à tout les blog(lect)eurs de ce site !

Je viens d'en prendre connaissance et je m'aperçois déjà qu'il m'intéresse ! :-)))
Où plus exactement qu'il me sera possible d'y poser les questions qui m'intéressent, contrairement à d'autres sites dédiés aux touristes !

Je n'y avais pas encore pensé, mais je suis un peu, comme le dit Pierre, un de ceux "qui traînent leurs fautes dans leurs baluchons" ! Si, si, Louis, cela existe ! Et je ne suis pourtant ni cruel, ni naïf, ni plus brigand que vous ! :-)))
Comme je n'ai pas la possibilité de tirer une remorque, je me contente d'un grand sac à dos ! :-)

En gros, je suis d'accord avec vous !

Quelques petites remarques cependant:
- Pour atteindre un but
D'accord, mais seulement pour les personnes qui étaient étaient obligées d'y aller, et qui pour revenir chez elles étaient obligées d'es ramener un preuve (enseignes, ampoules, etc.)
- Pour y prier volontairement
OK, c'est vrai également, mais seulement pour ceux qui en avaient les moyens (et je ne parle pas des serviteurs qui étaient obligés de suivre et qui auraient probablement préféré rester chez eux :-)
- Ceux qui en ont fait le voeu
C'était dand l'air du temps
Difficile de faire la différence entre ceux qui y allaient après un voeu qu'ils estimaient accompli ou ceux qui attendaient que le leur se réalise ?

- "Certains pays donnent comme peine à des condamnés d'aller à Compostelle..."
Là, j'ai des doutes !
Que certaines associations travaillant dans des établissements pénitentiaires donnent l'occasion à des détenus en fin de peine d'effectuer un petit voyage vers Compostelle, là... d'accord ! :-) D'autres vont faire un petit tour sur le GR 20, d'autres encore vont en stage dans les gorges du Verdon !
Tout cela ne me paraît pas être très catholique, si vous me permettez l'expression !

Mais je sens que je commence à être un peu long :-))) et je ne connais pas encore les droits et devoirs des invités de ce blog !
Nous aurons, je l'espère, l'occasion d'en parler à nouveau !

Louis 18/03/2008 06:59

Oui le blog peut ouvrir à des échanges.Ici il s'agissait d'une fausse image du Moyen Age que nous souhaitons mettre en évidence et combattre.Il fallait aussi dénoncer l'idée fausse que :  "On rapporte également que c'est sur le chemin de Compostelle qu'est né le concept du tourisme moderne, puisqu'il fallait construire des hôtels et des lieux de restauration pour les marcheurs".

Pierre 03/02/2008 23:03

Je suis vraiment effaré par l'extrait de l'article de Jean Beaunoyer.

Nous sommes à l'époque moderne. On rencontre sur le Chemin des gens qui se font détrousser comme autrefois. J’en ai vu qui se sont fait voler leur sac, d’autres leur âne, d’autres leurs papiers. Certains se sont fait agresser. Pas souvent, mais ça existe encore. Des gens meurent encore en chemin. Ceux-là sont souvent rapatriés chez eux parce qu’il y a des trains, des avions, des voitures. Imaginez au moyen -âge le transport d'un corps depuis l'Espagne jusqu'en France ! Je n’aurais pas voulu être le convoyeur ! C’est pour ça qu’ils restaient sur place. C’était le cas de tous voyageurs quels qu’ils soient. C’était la normalité, personne n’en faisait cas.

On trouve aussi actuellement des gens qui "traînent leurs fautes dans leurs baluchons", Certains pays européens donnent comme peine à des condamnés d'aller à Compostelle à pied. Ils sont accompagnés par un “moniteur”, vous ne le voyez pas parce qu’ils sont discrets, mais ça existe.

De nos jours, certains vont aussi à Compostelle parce qu'ils en avaient fait le vœux. D'autres y vont pour prier, c’était mon cas, comme au Moyen-Âge. Je ne vois pas le mal à ça.

Quelle énorme bêtise que de dire qu'on construisait des hôtels pour tourisme sur le chemin de Compostelle. Dans la France entière et aussi en Espagne et dans bien d’autres pays, il était de coutume d’accueillir les personnes dans le besoin dans des “hôpitaux”. Les couvents faisaient ça aussi tout naturellement. On ne demandait rien à ces gens. Actuellement, on en fait du commerce rentable.



Quand a “fait” Compostelle depuis chez soi, on est triomphant c’est sûr On a réussi quelque chose de complet et d’inoubliable parce qu’on s’est dépassé physiquement, parce qu’on a réalisé une chose importante, parce qu’on a découvert tout un tas de gens différents, on a été dépouillé pendant près de deux mois, voire plus, de ses marques sociales, On a été confronté à tout un tas de pensées différentes et on a pu y réfléchir pendant la marche. On a appris tout un tas de choses importantes sur soi et sur les autres. Ne serait-ce que la tolérance, l’écoute, le partage, et l’humilité. Je parle bien entendu des gens qui font le pèlerinage sur des portions conséquentes du chemin et non ceux qui font du tourisme assisté sur de petits parcours et n’ont pratiquement pas de contacts vrai avec les pèlerins.

Voici mon sentiment

Jacques 03/02/2008 23:05

Nous sommes bien de votre avis.