Réaction à la lecture du site : http://www.cyberpresse.ca/article/20080112/CPARTS/801120922/5085/CPARTS04
Extrait de l'article de Jean Beaunoyer :
«C'est une époque où la raison ne donne pas toutes les réponses, explique Soldevila. C'est l'époque des superstitions, de la naïveté, du merveilleux mais aussi de la cruauté. Les gens partaient
sur le chemin de Compostelle et ne revenaient pas. Il y a eu des brigands, des gens assassinés et d'autres qui traînaient leurs fautes dans leur baluchon sur ce chemin fréquenté depuis plusieurs
siècles. Auparavant, on y allait pour atteindre un but, pour exaucer un voeu : aujourd'hui, le chemin est plus important que l'exploit à réaliser.»
Un exploit qui valait à ceux qui avaient réussi à suivre la longue route de Compostelle en franchissant tous les obstacles et en triomphant de tous les brigands, la fameuse coquille Saint-Jacques
qu'ils cousaient à leur chemise. On rapporte également que c'est sur le chemin de Compostelle qu'est né le concept du tourisme moderne, puisqu'il fallait construire des hôtels et des lieux de
restauration pour les marcheurs.
Ma réponse :
Monsieur,
Les gens du Moyen Age (quand entre le Ve et le XVe siècle ??) ont
vécu, dites-vous, une époque de « superstitions, naïveté, merveilleux et cruauté ». En matière de naïveté vous n’avez rien à leur envier ! Vous gobez tous les poncifs !!! Le
« ON » qui vous rapporte que le tourisme moderne est né sur le chemin de Compostelle est un fameux affabulateur. Comment pouvez-vous croire une ânerie pareille ? Tout ce qu’on vous
raconte est faux et archifaux. Les gens du Moyen Age n’étaient pas plus cruels, naïfs, brigands que nous. Pas plus que nous ils ne traînaient leurs « fautes dans leur baluchon ».
Auparavant, dites-vous, on y allait « pour atteindre un but », ce qui ne semble plus le cas aujourd’hui, selon vous. Alors, on part à Compostelle pour baguenauder sur le chemin (on y
drague beaucoup, savez-vous !). Et atteindre le but est un exploit ? Laissez-nous rire. L’autre qui a « vécu cette expérience fascinante sur plusieurs années » a fait
quoi ? L’Everest en 10 ans ? Laissez-moi rire. Il s’est promené de gîte en gîte, aux frais de la princesse et des malheureux « naïfs » bénévoles qui se dévouent pour aider ces
bons bourgeois timorés en quête du grand frisson à bon marché, en carton-pâte. Pour la médiéviste que je suis, le Moyen Age n’est ni + magique, ni + fantasmagorique, ni + dramatique, ni + festif que notre période moderne. L’étude de ces 10 siècles d’histoire
nous montre au contraire des gens étonnamment proches de nous, et c’est ça qui est passionnant. Une histoire tissée de légendes, des légendes nées de l’histoire. Comme
aujourd'hui.