Un des objectifs de ce blog est de commenter l'actualité de "Compostelle" reflétée par Internet, les médias, l'édition. Nous souhaitons ainsi dépister et contribuer à éradiquer la
"compostellite"*.
* Compostellite : maladie contemporaine, développée en Europe depuis une vingtaine d'années qui se répand rapidement dans le monde. En France se
traduit par l'utilisation de Compostelle comme seule clé de lecture du patrimoine jacquaire. En présence d'une coquille, la compostellite peut provoquer de graves éruptions chez certains sujets.
La maladie est également connue sous le nom de syndrome de Compostelle.
Pourquoi "Compostellite" ?
Parce qu'il ne s'agit pas de la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle mais du phénomène de société contemporain lié au pèlerinage vers le tombeau supposé de l'apôtre Jacques le Majeur. L'engouement pour la marche vers Compostelle fait que ce mot est mis à toutes les sauces. "Compostelle" se vend bien. Les chemins de Compostelle ont été déclarés premier Itinéraire Culturel du Conseil de l'Europe en 1987. Depuis 20 ans maintenant des erreurs sont propagées, parfois de bonne foi, parfois par intérêt, commercial ou politique, par vanité personnelle ou par paresse intellectuelle.
Je suis historienne, spécialiste des cultes à saint Jacques auxquels j'ai consacré ma thèse de doctorat. Avant cela j'ai été pèlerine, en 1982, époque où le pèlerinage n'était pas encore à la mode. Depuis 8 ans, j'anime une association de recherche sur saint Jacques et Compostelle, la Fondation David Parou Saint Jacques. L'histoire et l'expérience pèlerine se nourrissent mutuellement.
- Je suis lasse du discours convenu à propos de ce grand pèlerinage et du nombre d'erreurs qui sont véhiculées à son sujet.
- Je déplore que le patrimoine hérité des cultes à saint Jacques soit trop souvent délaissé alors que municipalités et conseils généraux n'hésitent pas à gaspiller l'argent public pour mettre en valeur des itinéraires prétendus historiques.
- Je suis indignée de la prétention et de l'incompétence de beaucoup d'organismes chargés de l'information du public.
- Je suis scandalisée par le comportement de certains médias qui se contentent de publier "ce que leur public souhaite" et par les producteurs qui travestissent la vérité pour plaire, comme l'a fait il y a deux ans une société espagnole pour ARTE**
- Je souhaite que le grand pèlerinage ne soit pas submergé par l'exploitation commerciale des chemins et qu'il demeure le lieu de fortes expériences humaines.
- Je fais le voeu que les petits pèlerinages locaux soient de nouveau des lieux de rencontres et de fêtes.
- J'aimerais enfin que l'Epître de Jacques soit mieux connue. Même si elle n'a pas été écrite par l'apôtre Jacques le Majeur, elle a été la base de beaucoup de dévotions médiévales. Elle a aussi été très utilisée à Compostelle.
Je me référerai aux travaux de la Fondation, mais les propos de ce blog n'engagent que moi.
Docteur es-Lettres