Merci
La réponse de Pierre
Bonjour Frédérique
Je comprends que ce voyage vous tente. Vous avez raison, c'est un chemin particulier et très riche en expériences.
Ne restez pas seulement tentée, faites la démarche, vous ne la regretterez pas. Le plus difficile est de quitter sa maison. Après, ça vient tout seul.
Vous ne me dites pas d'où vous voulez partir... Ce qui rend ma réponse un peu délicate. Je vais toutefois essayer de vous répondre.
Vous me parlez de quinze jours, voire trois semaines. C'est bien, mais si vous partez de chez vous et que vous habitez par exemple du côté de Poitiers, (puisque je ne sais pas où
vous êtes, ) il vous faudra au minimum deux mois pour faire le parcours. Si vous partez de Roncevaux, il ne vous faudra plus qu'un mois. Mais, à mon sens, il faut partir de chez soi, comme le
faisaient les pèlerins de jadis. La démarche est plus complète et plus enrichissante. Marcher en France et marcher en Espagne est très différent. .
Question faisabilité, tout le monde peut le faire. J'ai suivi un homme, parti de chez lui, c'est à dire Berne (Suisse) . arriver à Compostelle en pleine forme. Il faut dire qu'il n'avait que 85
ans...
Je connais des personnes qui, pour pouvoir faire la démarche en une seule fois, ont pu négocier leur R.T.T. . Ils ne l'ont pas regretté.
Je vous conseille moi aussi de faire la démarche en une seule fois pour plusieurs raisons.
Premièrement, lorsque vous partez faire une randonnée au long cours, il faut à votre corps au moins dix jours pour être parfaitement rodé et en
forme et pour que vous ne sentiez plus aucune douleur en marchant. Ensuite, la marche est véritablement un plaisir. Vous pouvez vivre la nature, la voir, la sentir, l'entendre, et vous rendre
compte de sa beauté et de la chance que vous avez de pouvoir marcher librement en harmonie avec elle.
Deuxièmement, vous allez, sur le chemin, faire connaissance avec d'autres pèlerins. Chaque pèlerin marche pratiquement dans une journée la même
distance qu'un autre pèlerin. Vous retrouvez le soir, à l'étape, pratiquement la même équipe que ma veille, et, au fil des jours, vous constituez une véritable famille, même si
vous n'êtes pas les uns sur les autres pendant la journée. Vous vous ferez de vrais amis. Si vous voulez marcher avec quelqu'un, pas de problème. Si vous voulez marcher seule, pas de problème
non plus.
Si au bout de quinze jours ou de trois semaine, vous devez vous arrêter sera un véritable déchirement.
- Quitter ses amis est toujours très dur.
- S'arrêter alors qu'on n'est pas arrivé au but est frustrant. On a l'impression de ne pas avoir terminé son oeuvre.
- S'arrêter alors qu'on est en pleine possession de son corps, est frustrant aussi. On n'a qu'une envie, c'est de continuer.
- Quand on pense qu'on a souffert une bonne dizaine de jours pour être bien dans son corps, et qu'il faudra recommencer l'année prochaine ça fait hésiter...
Mais, on ne dispose pas toujours du temps voulu. Quoi que, ce qu'on veut vraiment très fort, on se débrouille toujours pour l'obtenir...
Question solitude, sur les routes modernes de saint Jacques, vous ne risquez absolument rien. Il y a tellement de pèlerins sur ces parcours que si vous avez quelque souci que ce soit, il y aura
toujours un bon Samaritain pour vous aider. Je connais de nombreuses femmes, jeunes ou moins jeunes, qui ont fait le chemin seule sans encombre. Comme je vous disais, si vous cherchez la
véritable solitude, vous l'aurez pendant la journée, mais pas le soir... mais ces soirées en commun apportent tellement de joie, de découverte, tel l'humilité, la tolérance, le partage,
l'écoute, l'entr'aide, et la découverte de vous-même, ce qui n'est pas la moindre des choses.
Pour vous aider à préparer votre pèlerinage, je vous envoie les fiches qui sont faites pour aider un futur pèlerin. J'espère que vous pourrez y trouver les renseignements utiles pour
réussir votre entreprise.
En échange, je vous demanderai deux petites choses :
- priez pour nous à Compostelle
- envoyez nous une petite carte pour nous tenir au courant de la bonne réussite de votre projet.
Croyez en mon amitié jacquaire,